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Aspects agronomiques
Zones de culture

En Afrique francophone, le bissap est cultivé dans la plupart des pays de la zone sahelienne : Burkina-Faso, Mali, Niger, Sénégal, Tchad. Le Soudan reste cependant l’un des premiers producteurs africains. Au Sénégal, le bissap pousse sur toute l’étendue du territoire, mais principalement dans le Bassin arachidier, (centre du pays) comprenant les régions de Diourbel, Kaolack et Fatick. Les femmes sont les principales actrices de la filière.  

Modes de culture

Plante de "soleil", H. sabdariffa var. sabdariffa est très sensible à la température, son optimum aux diffférents stades de développement se situe entre 25° et 35° Celsius. Amplitude de variation que l’on peut considérer comme faible. Le bissap est sensible à la photopériode, fleurissant en jours décroissant à partir de 11h 40 minutes sous nos latitudes avec un optimum à 11 heures. Malgré son adaptabilité, sa productivité générale est fortement liée à la qualité du sol et à l'hygrométrie. Thermopériode et photopériode influençant la mise à fleur et la fructification, la date de semis devient capitale pour une culture intense.              

Dans les zones de production situées au sud de l'isohyète de 400 mm d'eau, l'hivernage est la période optimale de production des calices. La culture du bissap ne nécessitant guère un entretien spécial. 

La culture irriguée nécessite arrosages et sarclo-binage réguliers. La floraison du bissap est favorisée par des journées courtes (octobre février). IL lui faut 120 à 180 jours pour étaler ses calices d’un rouge vif. Le bissap produit toute l’année. 

D'un statut de culture marginale, le bissap est passé à un statut de culture pure et continue à gagner du terrain. Certains opérateurs tablent sur une culture industrielle pour conquérir le marché international.

La culture du bissap est rentable. Contrairement aux idées reçues, la culture du bissap nécessite beaucoup d'efforts, sinon plus, que bien d'autres cultures. Et c'est au bout de tels efforts que doit se trouver le trésor caché du bissap. Le bissap est donc rentable.

En effet, conservé jusqu'en mai-juin, période à laquelle la bassine de bissap (calices séchés) de 4 kg et demi coûte 6.000 F cfa, le "Vimto" par exemple, dont le rendement peut atteindre 1.000 kg/ha, peut offrir un revenu de 1.100.000 F cfa à l'exploitant. D'où un  bénéfice de près de 700.000 F cfa, toutes charges déduites. A signaler que la variété "Koor", avec le même itinéraire technique peut fournir un rendement de 500 kg/ha de calices séchés. 

Comment procéder ?

A titre d'exemple, nous avons pu, avec un chercheur du Centre de Développement Horticole (CDH), procéder à une vérification de rentabilité sur la base référence de la variété "Vimto". Pour un hectare à cultiver, une tonne de fumier et 300 kg de fumure minérale tertiaire "N.P.K" (type 10.10.20) seraient nécessaires comme fumure de fond sur sol sableux et 4 kg de semences certifiées. Une fumure de couverture est apportée en 3 fractions de 200 kg/ha à 30, 50 et 90 jours après semis.  La lutte phytosanitaire est très faible selon la zone de culture.

Ceci montre que la culture du bissap, selon un système de culture intensif, nécessite de gros moyens. Ce qui  semble  hors de portée  à l'échelle d'une exploitation familiale, à moins d'obtenir un crédit de campagne. 

Une culture à l'échelle industrielle. Oui !  Pour réaliser  une culture industrielle   valorisant la filière, avec comme objectif la conquête du marché international, il est donc nécessaire d'assurer au paysan un financement adéquat. Ce qui lui garantirait à la fois quantité et qualité du produit, et stabiliserait la production, paramètre indispensable à cette échelle . 

L'écueil de l'investissement franchi, il reste au paysan de faire preuve de beaucoup de profesionnalisme lors du désherbage, de la récolte, du séchage et du triage. Car, ce sont là les garanties les plus sûres pour obéir aux normes des industries agro-alimentaires et pharmaceutiques qui de plus en plus s'intéressent au bissap... même biologique.

Bissap Bio

Au Sénégal, et principalement dans les exploitations familiales, le bissap est cultivée en Bio. De même, au Nord-Ouest du Burkina, à Dédougou, les femmes, organisées en groupement villageois, cultivent le bissap-bio. Après analyse au laboratoire, conditionnement et emballage, le produit est exporté vers l'Europe, principalement en Allemagne.

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