Le fonio : L'irrésistible ascension du fonio en guinée
(Syfia-Sénégal)
La Guinée qui a longtemps souffert des monocultures de rente (banane,
ananas, etc.), redécouvre aujourd'hui ses cultures céréalières.
C'est ainsi que le fonio part à la reconquête des marchés de la
sous région.
Le
fonio, cette céréale au goût très délicat, suscite un engouement
dans les hauts plateaux du Fouta Djallon, en moyenne Guinée. A l'origine
de cette renaissance, l'association des planteurs et éleveurs de
Kindia (APEK) qui tente depuis quelques années de relancer vaille
que vaille la culture du fonio. Objectif : garantir la sécurité
alimentaire mais également réduire la dépendance vis-à-vis du riz
importé.
Dans
cette nouvelle croisade, les paysans de Kindia ne sont pas les seuls.
Très vite, le marché intérieur s'est avéré porteur. En effet, depuis
que les populations de la basse côte (mandingue et soussou) y ont
goûté, cette céréale n'est plus seulement consommée par les peulhs
qui l'apprécient beaucoup en bouillie accompagnée au lait caillé.
C'est ainsi que le fonio occupe désormais la troisième place
après le riz et le maïs. Naguère considéré comme un luxe, le plat
de fonio n'était servi que les jours de grande fête. Aujourd'hui,
il fait partie de l'ordinaire de la famille. Le matin ou le soir,
nombreux sont les foyers où le fonio ne résiste pas à l'appétit
des Guinéens. "En couscous, bouillie ou en pâte, les plats
de fonio constituent toujours une alimentation légère et digeste
pouvant s'accompagner avec toutes les sauces", explique Jacques
Assafi, ingénieur agronome travaillant à Conakry à la Fondation
pour l'investissement et la commercialisation agricole (Fica). Financé
par l'Agence américaine pour le développement, cet organisme d'encadrement
paysan a mis sur pied une mutuelle agricole destinée à l'accroissement
de la production du fonio et à sa commercialisation.
Marchés
porteurs
A
Kindia, près de 600 membres de cette mutuelle ont été initiés aux
méthodes de gestion d'une unité agricole moderne, misant particulièrement
sur la comptabilité et sur l'effort d'épargne. Les paysans ont également
bénéficié de sessions de formation pour améliorer la qualité et
les rendements du fonio. Car bien qu'étant une plante rustique,
elle a seulement besoin d'oligo-éléments et son traitement phytosanitaire
est nul. Le fonio reste quand même difficile à cultiver en raison
notamment des importantes pertes à la récolte.
Mais
en Guinée, selon Jacques Assafi, l'expansion de la culture du fonio
est aujourd'hui à l'aune des exportations. En 1993-1994, le pays
en a en effet exporté vers le seul Burkina plusieurs centaines
de tonnes. Le Mali et le Nord de la Côte d'Ivoire sont également
en ligne de mire. La vente est aussi une manière de pallier les
difficultés de conservation. Car comme l'explique le technicien
de la Fica, "après trois à quatre mois de stockage, les grains
de fonio se dégradent et forment des boules noires".
A
la 11ème foire internationale de Dakar tenue en décembre dernier,
le fonio a encore fait un tabac. Le stand de la Guinée, s'il n'a
pas battu des records d'affluence, n'a pas en tout cas désempli
une seule fois : sénégalais, maliens, mauritaniens s'y sont quelque
peu bousculés pour s'informer davantage.
On
annonce d'ailleurs la tenue prochaine, en guinée, d'un symposium
sur le fonio. Décidée par les autorités guinéennes, cette rencontre
pourrait faire du fonio Miss céréale 1995.
Madieng
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