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Le fonio : la petite céréale qui monte
(Syfia-Mali)
"Une petite cola vaut
mieux qu'une grosse pierre". Ce proverbe haoussa pourrait s'appliquer
au fonio, céréale minuscule et longtemps négligée, mais aujourd'hui
revalorisée.
Céréale
réputée marginale, le fonio n'existe qu'en Afrique de l'Ouest. Selon
le Cilss (Comité Inter-Etats de lutte contre la Sécheresse au Sahel),
sa production ne dépasse pas 34.000 t sur les neuf
pays sahéliens, soit à peine un demi pour cent de la production
de céréales de ces pays. Pourtant, cette graminée minuscule
aux rendements dérisoires (généralement compris entre 150 et 600
kg par hectare) suscite de plus en plus d'intérêt. Le Programme
de promotion des céréales locales au Sahel lui a d'ailleurs consacré
un atelier international en juin dernier à Bamako. Bien que produit
en faibles quantités, le fonio présente un intérêt économique certain.
Au Mali, son prix est le triple de celui du mil. c'est en effet
un aliment très apprécié, dont la consommation est en plein essor,
en particulier dans les villes. Bien que les recherches sur cette
céréales n'aient fait que commencer, tous les spécialistes
s'accordent à lui reconnaître des qualités d'ététique exceptionnelles.
Le grain de fonio décortiqué ne contient pratiquement aucun lipide,
contrairement aux autres céréales dont le germe, riche en corps
gras, ne disparaît jamais totalement au décorticage. Cette particula
rité du fonio en fait un aliment
recommandé pour les personnes atteintes d'obésité ou de diabète.
Le
principal obstacle à la promotion du fonio est actuellement l'absence
de matériel de décorticage adapté. Ce handicap pourrait être levé
prochainement, grâce à des recherches entreprises parallèlement
dans plusieurs pays. Tandis qu'un enseignant sénégalais a déjà mis
au point un prototype de décortiqueur spécialement conçu pour cette
céréale, les chercheurs français du Cirad testent actuellement un
décortiqueur polyvalent capable de traiter alternativement mil,
sorgho et fonio. Des recherches similaires sont également en cours
en Guinée et au Mali. La Fao (Organisation des Nations Unies pour
l'Agriculture et l'Alimentation) elle-même s'apprête à soutenir
un programme de recherche sur cette céréale pleine de promesse.
Maïmouna Traoré
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