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Un décortiqueur pour le fonio

(SYFIA-Sud-Quotidien) La céréale la plus savoureuse de toute l'Afrique de l'Ouest va peut-être enfin devenir plus facile à préparer, grâce à un inventeur sénégalais...

Combien faut-il de grains de fonio pour faire un kilogramme ? Réponse : entre 1, 6 et 2,5 millions. Pour le consommateur, il importe peu qu'un grain pèse deux tiers ou trois cinquième de milligrammes, l'essentiel est qu'il soit correctement décortiqué.

Habituellement, les femmes effectuent cette opération au pilon, après avoir mélangé le fonio à du sable. C'est le frottement des grains de sable contre les grains de céréale qui permet d'enlever la pellicule de ceux-ci. Mais cette technique a un gros inconvénient : il faut ensuite de multiples lavage pour débarrasser le fonio décortiqué du sable. Résultat : de très longues heures de prépartion et une énorme consommation d'eau : 400 l pour laver 25 kilos de grains.

Du fait de ces difficultés de transformation, cette céréale reste un produit de luxe. A Dakar, son prix est de 400 F cfa le kilo, soit plus du double de celui du riz brisé, aliment de base de la population. Actuellement, seul un procédé de décorticage mécanique pourrait rendr le fonio plus accessible. Or, ni les matériels utilisés pour le décorticage du riz, ni ceux adaptés au mil et au sorgho ne conviennent pour le fonio. Ils donnent un taux de brissures trop élevé ou consomment trop d'énergie.

Mais un inventeur sénégalais a réussi à mettre au point un décortiqueur conçu spécialement pour le  fonio. Sanoussi Diakité, est professeur de mécanique au Lycée industriel Delafosse de Dakar. La machine qu'il a construite, baptisée "Rugo fonio", permet de racler les grains en douceur, grâce à des palettes abrasives, découpées dans des fibres semblables à celles utilisées pour les courroies plates. Celles-ci sont montées sur un axe de rotation entraîné par un moteur. La souplesse de ces palettes, leur flaxibilité et leur effet ressort permettent de n'exercer qu'une faible pression sur le fonio, pris entre  les palettes et le fond de la machine.

La matière première, fibres textiles, tôles et ferraille, Sanoussi Diakité l'a acheté sur place, dans une banlieue de Dakar. Originaire de Casamance, et donc témoin privilégié du dur labeur des pileuses, il croyait à son invention. Résultat : un prototype qui décortique les grains minuscules sans la moindre brisure. L'inventeur a déposé un brevet le 14 octobre. Il prévoit maintenant de construire quatre nouveaux prototypes pour les tester sur des lieux de production de fonio : en Casamance, au Sénégal oriental, en Guinée et au Mali. Si les essais sont concluants, la fabrication, la fabrication en série pourra être envisagée. L'institut de Technologie Alimentaire de Dakar (ITA), qui a déjà un programme de recherche sur le fonio, pourrait s'intéresser à l'invention de Sanoussi Diakité.

Michel Ben Arrous

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