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Production et commercialisation

Selon le CILSS, le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel, la production du fonio en 1994 ne dépassait pas 34 000 T dans les neuf pays membres, soit à peine un demi pour cent de la production de céréales de ces pays. Trois ans plus-tard, la production dans les pays du Cilss presque doublé avec 40 000 T pour le Mali seulement. L'Afrique de l'Ouest Francophone demeure la principale zone de production et reste de loin le premier producteur mondial avec plus de 170 000T en 1998/99.

 
 
Production du fonio en Afrique de l’Ouest en 1998/99
PAYS
PRODUCTION (en tonnes)

Mali

Burkina-Faso

Guinée-Conakry

Sénégal

Côte d'Ivoire

Tchad

Niger

40 000 T

12 000 T

110 000 T

4 000 T

7 800 T

212 T

?

 

Le fonio : citoyen de l'Afrique de l'Ouest
Cultivé presque exclusivement dans les pays francophones d'Afrique de l'Ouest, avec, en moyenne, près de 300 000 Ha emblavés chaque année, le fonio se positionne de plus en plus comme une céréale phare du continent. Après plusieurs années d'abandon de la culture du fonio qui représentait dans les années 50 plus de 40% de la production céréalière du Fouta Djallon, la Guinée-Conakry est devenue le premier producteur africain avec 119 500 T récoltées en 1999/2000, contre 110 000 T la campagne précédente. Au Mali, cette minuscule graminée suscite également de plus en plus d'intérêt. Le Programme de Promotion des Céréales Locales au Sahel (PPCL), financé par l'Union Européenne, lui a d’ailleurs consacré un atelier international en juin 1994 à Bamako.  Bien que produit en faibles quantités, le fonio présente un intérêt économique certain et joue aujourd'hui un rôle de plus en plus déterminant dans la sécurité alimentaire. 
COMMERCIALISATION
Au Sénégal le fonio prend également son essor. Les paysans de la Casamance (Sud du Sénégal) et du Sénégal Oriental, s'intéressent de plus en plus à cette culture pour résorber le déficit céréalier, devenu chronique dans ces régions. Ce regain d'intérêt s'explique par l'invention, il y a 8 ans, d'une machine de décorticage de fonio par le Professeur Sanoussi Diakité (Sanoussi), un fils du terroir. C'est du moins, ce que croit savoir l'Inspecteur régional de l'Agriculture de Kolda (chef lieu de la même région, à 670 Km au sud-est de Dakar). "Nous avons remarqué une hausse substantielle de la production du fonio, depuis l'invention de cette machine", déclare à ce propos M. Ibrahima Sidibé. Il estime en effet que la culture du fonio a un bel avenir devant elle. Et d'ajouter, "la mise au point de cette machine va contribuer à l'allègement des travaux de la femme rurale en permettant, notamment de remplacer le pilage manuel par la force mécanique. Ce qui pourrait ainsi encourager les paysans à étendre les surfaces emblavées, et augmenter la production", souligne t-il.

Les prix :le fonio tranformé coûte entre 400 et 700 F cfa le kg, soit deux à trois fois plus cher que le riz importé. 

Les entraves à la relance du fonio: 

- Pas de semences sélectionnées à partir des meilleures variétés.  
-
Epuisement des sols entrainant une baisse progressive des rendements.
- Techniques culturales rudimentaires. 

A Dakar, le prix du fonio varie entre de 400 et 700  F CFA le kilo,  soit deux à trois fois plus que le prix du riz brisé importé d'Asie. Le riz importé constitue le principal aliment de base des Sénégalais qui en consomme près de 500 000 T/an,  soit l'équivalent de 40 milliards de F cfa de devises. Cette révolution dans la transformation a réhabilité le fonio. Au Sénégal, au Mali, au Burkina-Faso et en Guinée, le fonio est aujourd'hui en plein essor. Il contribue à résorber le déficit céréalier. En Guinée-Conakry il a repris sa véritable place dans les plats traditionnels, après plusieurs années d'abandon. Aujourd'hui, le fonio est la principale culture vivrière au Fouta Djalon (la région naturelle de la Moyenne Guinée) où plus de 80% des paysans le cultivent. Au Mali sa fulgurante remontée lui vaut ce proverbe Haoussa: "Une petite cola vaut mieux qu'une grosse pierre"

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