Au Sénégal, à Saré Boydo, la relance
de la culture du fonio a été initiée par Enda-Graff à travers
lOng Fodde. Ici, les services de l'Agence nationale de conseil
agricole et rural (Ancar) ont été sollicités par l'Ong Fodde et
la Direction régionale du développement rural pour un encadrement
technique et un suivi rapproché. Le programme entre dans la politique
de diversification et de promotion de céréales locales lancé par
Enda-Graff.
La relance de la culture du fonio a permis aux producteurs
de cette céréale de faire face à la période de soudure. Une unité
de transtorrnation du fonio appartenant au Groupement de promotion
féminine, installée à Saré Moussa fonctionne à plein temps. Les
rendements atteignent 650 kg/ha de grains non décortiqués.
Le fonio est une culture rentable. Le kilo est cédé à 500
F Cfa. Mais tout n’est pas rose dans la pratique culturale. Le
manque de moyens matériels ne favorise pas des emblavures à grande
échelle. « La transformation du fonio nécessite beaucoup
d’efforts et de moyens. Notre souhait le plus ardent est d’avoir
des moulins à fonio », déclare Thierno Aly Diallo
que nous avons trouvé dans son champ de fonio.
Au niveau
de l’Ancar, on assure aux producteurs l’encadrement technique
nécessaire au développement végétatif. "Le fonio est une
culture qui doit être vulgarisée au Sénégal. Le cas échéant, il
permet de pallier le déficit alimentaire"
Autre défi à relever, les semences de fonio. « Si on
arrive à régler le problème d’approvisionnement en semences de
fonio, beaucoup de paysans de Kolda se lanceront dans la culture
du fonio », estime Abdou Aziz Gningue de lOng Fodde qui a
mis en place un programme-test couvrant cinq villages pour une
superficie totale de 4 ha.
Johnson MBENGUE
Walfadjri