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Le karité emballe les femmes

(Jade/Syfia-Sénégal) Avec sa gamme de produits cosmétiques aux vertus thérapeutiques, « La maison du Karité » à Dakar attire de plus en plus d’africaines. Certaines ont définitivement rangé leurs crèmes chimiques de « Khessal » au profit du Karité.

Au marché Tilène à Dakar, « La maison du Karité» ne désemplit pas. Dans cette boutique atypique, les femmes de tous âges viennent s’approvisionner. Sur les étagères savons, crèmes de massage ou pour cheveux, pommades pour lisser lapeau sont autant de produits issus du Karité. Les prix affichés varient entre de 500 et 2 500 F CFA. «Pendant cette période de froid, on reçoit beaucoup de clientes. Il y en a même qui viennent pour des traitements contre le khessal » ,explique, souriante, madame Aminata Samb. (voir encadré).
Derrière le comptoir, le directeur de «La maison du Karité» Taïb Diop, botaniste de formation, parle des vertus de cet oléagineux qui protège, hydrate et cicatrise la peau.
« La maison du Karité> a son laboratoire à Fass, un quartier périphérique de Dakar.Là sortent des savons pour peaux sensibles, sèches, grasses, irritées. Des savons Karité fabriqué à base lie tabanani (CARAPA procera). De mieux en mieux connus, ces cosmétiques naturels issus du Karité emballent de plus en plus la femme africaine, soucieuse de la beauté de son corps. A « La maison du Karité », les ventes se portent bien et le chiffre d’affaires annuel est de 50 millions de F Cfa environ.
Pour Taïb, dont l’unité industrielle transforme 2 à 3 T/ an de beurre de Karité, il existe cependant d’autres potentialités non exploitées. «Faute de moyens techniques, la maison est au dixième de ses capacités », souligne le botaniste qui estime qu’il est possible de fabriquer des pâtes dentifrice, des rouges à lèvre, du shampoing, etc. à partir du Karité.
«La Maison du Karité » vend essentiellement sur le marché local, alors qu’il existe une forte demande venant des États-Unis, d’Europe et du Japon. « Si nous arrivions à gagner des parts de marché à l’étranger, nous pourrions tripler notre capacité de transformation », explique Taïb, qui indique que pas mal de Sénégalais migrants ont fait connaître leurs produits à l’étranger.

Membre de l’Association africaine des tradipraticiens, Taïb attend la protection de son brevet d’invention par l’Oapi (Organisation africaine pour la propriété intellectuelle.) Ce qui lui permettrait d’être en conformité avec les normes européennes. « Je suis en discussion avec un laboratoire français de microbiologie et d ‘hygiène. Si les négociations sont concluantes, nos produits pourraient enfin être commercialisés à l’étranger », dit ce botaniste qui réussit à désodoriser  la Karité

A Dakar, une autre unité de transformation du Karité a pignon sur rue. Dirigée par Marie Diallo, une pharmacienne, la société Phytopharm commercialise, elle aussi, une large gamme de produits cosmétiques.
Au Sénégal, la production du beurre de Karité n’est pas énorme comparée aux autres pays de la sous région. Les approvisionnements se font auprès de pays voisins et de Promer, un projet qui encadre les femmes exploitantes de Karité dans la région de Tambacounda. D’ailleurs, souligne El. H. Diaw son directeur, « il n ‘y a pas de chiffres sur la production de Karité au Sénégal” Selon la FAO, l’Afrique a produit 700 000 T de Karité en l’an 2000. Les plus grands producteurs sont: le Nigeria ( 400 000 T), 60 % de la production mondiale, le Mail (85 000 T), le Burkina Faso (70 000 T) et le Ghana (55 000 T). Dans ces pays, la transformation et la consommation alimentaire du Karité sont plus avancées. Au Burkina Faso. selon le Site Nourritures Inconnues d’Afrique: www. jade. sn, 88% des ménages en milieu rural consomment le beurre de Karité, contre 25 % en ville. En Europe, selon toujours ce Site, 40 000 à 60 000 T de beurre de Karité sont utilisés annuellement en Europe dans la confiserie, la chocolaterie et la margarine. La décision de l’Union européenne, en mai 2000 autorisant  les chocolatiers à utiliser jusqu’à hauteur de 5% les matières grasses végétales d’origine tropicale comme substituts au cacao, pourrait ainsi doper les exportations de Karité. Pour réfléchir sur ces questions, plusieurs organisations de producteurs, d’opérateurs économiques et de chercheurs venant de 16 pays africains participeront (4 au 6 mars à Dakar) à l’atelier international organisé par la FAO en collaboration avec le Centre de suivi écologique du Sénégal et du Fonds Commun des Produits. Objectifs: rassembler toutes les informations sur le Karité et faire l’évaluation des expériences dans la transformation et la commercialisation au niveau local, régional et internationa
l. Le Fonds des nations unies pour la femme (Unifem), qui appuie près de 400 000 Burkinabé productrices de Karité traitera du thème: « perspective sociale, accès à la ressource, équité du revenu et partage des bénéfices à tous les niveaux.

Khoudia Diop

 Encadré : Karité contre peau dé pigmentée.
Depuis de dix ans « La maison du Karité » vole au secours des africaines pratiquant le « khessal » (Ndlr: La dépigmentation de la peau) en leur proposant du Karité. « Les femmes
arrivent ici avec des peaux abîmées. Elles sont parfois désespérées. On leur donne des conseils et on leur dit d’arrêter les produits éclaircissant », déclare Katy Fall, vendeuse.
Pour nettoyer la peau et lui redonner son éclat naturel, une gamme de produits (antivergiture)
issus du Karité leur est alors proposé. Grandes dames, intellectuelles, femmes d’affaires, artistes ou simples ménagères ont ainsi été traitées. Grâce au Karité plus d’une centaine de femmes ont abandonné le khessal. « Satisfaites, certaines nous apportent même de la clientèle », souligne Katy.

M.S

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