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Consommation

Le Lait de Chamelle, plus digeste que le lait de vache

Doux, légèrement âpre, un peu salé et acide, le lait de chamelle est un aliment complet avec une teneur en vitamine C plus élevée que dans tous les autres produits lactés. Sa couleur est d'un blanc mat. Depuis peu, le lait de chamelle a acquiert la reconnaissance des scientifiques qui soulignent sa faible teneur en matière grasse (40% de cholestérol de moins que dans le lait de vache) et en sucre. 

 

Des Vertus thérapeutiques révélées Facile à digérer, le lait de chamelle est réputé pour ses vertus thérapeutiques. Véritable laxatif, il soigne les maux de ventre, les diarrhées. Il est bon contre l'obésité, les rhumatismes et contribue à arrêter l'évolution du goitre. "Celui qui boit du lait de chamelle est plus résistant que celui qui prend du lait de vache", disent les éleveurs Tchadiens. 

Une nourriture si peu connue qui suscite de plus en plus l'intérêt des nutritionnistes et des promoteurs. Contrairement au lait de vache et des petits ruminants qui accompagnent les plats de couscous ou de bouillies de céréales, le lait de chamelle se prend généralement à sec. "Séché au soleil, fermenté, pasteurisé stérilisé ou transformé en fromage, le lait de chamelle peut valablement contribué à l'autosuffisance alimentaire en Afrique" , soutient un médecin Mauritanien. Selon un expert de la FAO, le lait de chamelle, pendant la saison sèche, assure plus de 50% de l'alimentation des communautés pastorales.

Moins gras, moins sucré et plus disgeste que le lait de vache Jusqu'à présent exploité dans un contexte traditionnel, le lait de chamelle pourrait donner naissance à une filière industrielle.     

Le lait cru, sorti directement du pis de la chamelle est le plus prisé des consommateurs qui le mélangent à un peu d'eau et de sucre. Cette "excellente" boisson s'appelle "Zrik"en Mauritanie. Les fins connaisseurs, prennent le zrik dans l'odeur des troupeaux. Jusqu'à une récemment, le lait de chamelle était presque uniquement auto consommé par les pasteurs nomades. Aujourd'hui, il est de plus en plus apprécié des citadins.  Ce qui a considérablement accru la consommation du lait de chamelle dans les villes africaines.

Tiviski, le whisky mauritanien

En Mauritanie, depuis 15 ans les producteurs approvisionnent les centres urbains. Le lait cru est vendu entre 450 et 500 F cfa le litre. Seul près de 10% de la production nationale prend aujourd'hui le chemin des Unités de transformation.  A Nouakchott "La Laiterie de Mauritanie" créée en 1989 domine le marché avec son produit appelé Tiviski, du lait de chamelle pasteurisé et sucré. La conservation du lait pasteurisé n'excéde pas cinq jours. L'usine de Nouatchott, selon son directeur de production Yahya. O . Abderahmane, met quotidiennement sur le marché  6 000 L  de lait de chamelle. Trop prisé en Mauritanie, Tiviski, est devenu le whisky des mauritaniens. "Aujourd'hui, la laiterie fait des recherches  pour passer de la pasteurisation à la stérilisation afin que le produit se conseve plus longtemps", explique Abderahmane qui pense donner un meilleur produits.     

Au Tchad, le lait de chamelle représente 14% du volume de lait commercialisé.

Au Mali, les populations nomades (touaregs, maures) qui possèdent les chameaux, commercialisent très peu le lait. Ils traient les chamelles pour leur propre consommation. Quand il est commercialisé, le lait de chamelle est généralement sous forme de crème en plaquettes vendues  sur les marchés des villes du Nord du pays. A la direction nationale de l'appui au monde rural, on ne dispose pas de chiffres sur la capacité de production de lait de chamelle. La filière est très mal suivie par les services techniques. Mais tout le monde s'accorde à dire que la capacité de production est très importante. Elle ne demande qu'à être bien suivie et valorisée.

Au Niger. Le lait de chamelle trait constituant 80% de l'alimentation des nomades. Il est souvent troqué contre des céréales. Certaines femmes nomades ont appris des techniques leur permettant de transformer le lait en fromage, qui se conserve bien dans les conditions sahéliennes, mais tout reste encore fort artisanal. Malgrés les potentialités du lait de chamelle, le Niger continue d'importer d'autres laits et produits laitiers à hauteur de 6 milliards de F CFA par an.

En Somalie. La filière est contrôlée par les femmes qui produisent, selon les années, de 1,5 à 5 tonnes de lait d'après une étude de l'Overseas développement institute (Odi), organisme britanique de coopération qui s'intéresse de près à la filière. "Les techniques traditionnelles ont fait leurs preuves, mais demandent à être consolidées par des appports technologiques et capitalistiques", soulignent  lkes experts de l'Odi. 

Transformation

Tiviski produit 10.000 litres par jour

Bien que paré beaucoup de vertus , le lait de chamelle est encore transformé à l'échelle artisanale. Les deux expériences d'industrialisation les plus prometteuses menées à ce jour en Afrique se situent en Mauritanie et en Tunisie. 

En Mauritanie. La Laiterie de Mauritanie installée à Nouakchott est une initiative de Nancy Abederahmane, qui a bénéficié de l'assistance technique de la Fao pour réaliser son projet. Créée en 1989 et baptisée Tiviski, l'entreprise emploie une centaine de salariés et produit aussi bien du lait de chamelle que du fromage. Destinée à la consommation nationale, la production (10.000 L/ j) commence à  s'exporter vers les pays voisins, et la création de l'entreprise n'exclut pas de toucher les marchés européens. "Nous pourrons peut-être bientôt mettre sur le marché des produits cosmétiques à base de lait de chamelle", confirme cette Mauritanienne d'origine britanique, qui a reçu pour Tiviski le prix Rolex de la création d'entreprise en 1993. (source MFI).

En Tunisie. Dans le sud tunisien, en particulier dans les zones de la Choucha et de l'Aoura, des expériences de fabrication de fromages de chamelle sont actuellement en cours. Mais elles doivent encore être confirmées. Tout comme les essais menés au Zimbabwe, où l'on espère implanter de petites fabriques d'un yaourt connu localement sous le nom de amasi, à partir de lait de chamelle importé de Somalie. La forte croissance démographique des villes africaines et de leurs besoins d'approvisionnement laitier devraient accélérer les expériences et rendre les perspectives d'industrialisation plus attrayantes. Même si pour l'heure, les investissements ne se précipitent pas. (Source MFI)

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